Votre corps se met en alerte pour quelque chose qui n’est pas encore arrivé, et qui n’arrivera peut-être pas. Il réagit à une prévision comme à un fait.
L’anxiété se reconnaît rarement à un grand moment, plutôt à une quantité de petites choses qui occupent une journée entière. Elle porte sur ce qui n’a pas eu lieu, et c’est ce qui la rend si difficile à raisonner.
Rien de tout cela n’est irrationnel. Votre système d’alerte fait exactement ce pour quoi il est prévu : repérer le danger avant qu’il arrive. Le problème, c’est qu’il fonctionne tout le temps.
Votre organisme ne distingue pas une menace réelle d’une menace imaginée : une pensée précise ou une image mentale suffit à déclencher la même réponse que devant un danger présent. Le cœur accélère, le souffle remonte, les muscles se préparent.
La particularité tient à ceci : rien n’arrive. Il n’y a pas d’événement à traverser, donc pas de moment où le corps constate que c’est terminé. Une boucle s’installe : le corps envoie des signaux d’alerte, vous les percevez, et cette perception confirme qu’il y a lieu de s’inquiéter.
C’est pourquoi se raisonner ne suffit pas. Il n’y a rien à corriger dans votre façon de penser, mais une réponse corporelle à laquelle il faut redonner la possibilité de se terminer.
Le mot « anxiété » recouvre des vécus très différents. Voici ceux qui reviennent le plus souvent en consultation.
On ne cherche pas à vous convaincre que vous avez tort d’avoir peur. On parle de ce qui vous inquiète et de ce que vous en comprenez, et le travail part aussi de ce qui se passe dans le corps au moment où l’inquiétude monte : où la tension se concentre, comment la respiration se modifie. C’est par là que la réaction commence, avant même que vous ayez mis un mot dessus.
On apprend à reconnaître ce mouvement dès qu’il démarre, puis à laisser la réponse aller à son terme : une alerte qui se termine laisse le corps redescendre. On avance par petites quantités, dans une zone que vous supportez, sans rien affronter ni provoquer.
Le rythme vous appartient.
C’est même souvent le chemin le plus court. L’anxiété se manifeste d’abord par des sensations physiques ; partir de là évite le détour par le raisonnement, qui a déjà été tenté.
Non. On ne provoque pas l’angoisse pour l’apprivoiser, et on ne vous demandera pas de vous exposer à ce que vous évitez.
Oui. Je ne prescris rien et je ne demande à personne d’interrompre quoi que ce soit. L’accompagnement vient en complément d’un suivi médical, jamais à sa place.
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