Vous ne l’avez pas décidé, vous ne pouvez pas démissionner, et personne ne vous a jamais demandé comment vous alliez.
Ce n’est pas un métier, et c’est pourtant la charge la plus proche de celles décrites dans les pages sur les métiers exposés : exposition prolongée, obligation de tenir, sans horaires, sans relève ni fin prévisible.
La quatrième ligne se dit rarement, et elle est presque universelle. Souhaiter que cela s’arrête n’a rien à voir avec l’amour porté à la personne : c’est un organisme arrivé au bout de ce qu’il peut fournir.
Trois éléments distinguent cette situation d’une charge professionnelle. L’absence de fin : un système nerveux gère très mal une charge dont il ne peut pas anticiper le terme. L’absence de relève : la veille de nuit ne s’interrompt jamais complètement. Et l’affection, qui empêche toute distance protectrice.
La proximité est nette avec les professionnels du soin, à ceci près qu’ils rentrent chez eux, et avec ceux dont le métier interdit de réagir sur le moment.
Il en résulte une réserve entamée que rien ne recharge, aggravée par la culpabilité. Et parce que cela dure des années, les adaptations finissent par ressembler à un caractère, comme dans les situations longues sans événement à citer.
Prendre une heure pour vous n’enlève rien à personne. Le travail commence par retrouver des repères qui vous appartiennent, quand toute l’attention est tournée vers quelqu’un d’autre depuis des années ; cela se réapprend par le corps.
On travaille ensuite la veille de nuit, par paliers courts et répétés, et ce que la culpabilité fait au corps, puisqu’elle empêche la récupération plus sûrement que la fatigue elle-même.
Rien à raconter que vous ne vouliez dire, et en cas d’urgence, un appel suffit à décaler. Le tarif, l’annulation et les créneaux disponibles sont indiqués à part.
Oui. Une séance dure une heure et l’intervalle entre deux n’est pas imposé : certaines personnes viennent chaque semaine, d’autres une fois par mois.
Non, ce n’est pas mon domaine. Les assistantes sociales, les plateformes de répit et les associations d’aidants sont les bons interlocuteurs. Ce que je peux prendre en charge, c’est ce que la situation fait à votre corps.
C’est la remarque la plus fréquente sur cette page. Elle est logique et n’a pas à être discutée : on travaille ce qu’elle produit dans le corps, plutôt que d’essayer de vous convaincre.
À lire aussi