L’événement est passé, parfois depuis longtemps. Mais quelque chose, dans votre corps, continue de se comporter comme s’il n’était pas terminé.
Les suites d’une expérience traumatique ne ressemblent pas toujours à ce qu’on imagine : pas forcément de cauchemars ni de crises, mais souvent des choses discrètes, installées dans le quotidien. Et elles n’ont pas besoin d’un événement spectaculaire pour exister.
Aucune de ces réactions n’est un défaut de caractère : ce sont des protections qui n’ont pas encore été levées. Et il n’y a pas de seuil à atteindre pour avoir le droit de consulter.
Devant un danger, l’organisme dispose de trois réponses : la fuite, le combat, ou le figement lorsque les deux premières sont impossibles. Ce choix se fait en une fraction de seconde, bien avant la réflexion, et ces réponses sont faites pour aller jusqu’au bout.
Mais il arrive qu’elles ne puissent pas aboutir : on ne peut pas partir, pas se défendre. Ce que le corps avait mobilisé reste alors sur place. Le sursaut, le figement, l’évitement ne sont pas des souvenirs : ce sont des morceaux de réponse encore en attente.
C’est pourquoi cette mémoire revient par morceaux, par sensations, et pourquoi raconter ne suffit pas toujours : le récit s’adresse à une part qui n’est pas celle qui garde la trace.
Elles varient selon ce qui s’est passé, et surtout selon ce que le corps a pu faire sur le moment.
Vous n’êtes pas obligé de raconter ce qui s’est passé. La parole n’est pas la condition d’entrée, et il n’y a rien à revivre. Mais si vous voulez en parler, notamment parce que personne ne l’a encore entendu, la place est là.
On parle de ce que vous souhaitez en dire, et le travail part de ce qui est présent maintenant : la respiration, les appuis, ce qui se tend. On construit d’abord des points d’ancrage, puis on s’approche par très petites quantités, en revenant chaque fois à un endroit calme. Ce va-et-vient permet aux réponses restées en suspens d’aller à leur terme, parfois par des mouvements minuscules.
Une séance dure une heure. Vous décidez de ce que vous dites et du moment où l’on s’arrête.
Non. La parole n’est pas la condition d’entrée, et on peut travailler sans que vous décriviez l’événement. Vous dites ce que vous voulez, quand vous le voulez, ou rien du tout.
Non. L’accompagnement se fait sans aucun toucher. Le travail passe par l’observation et par ce que vous percevez vous-même.
L’ancienneté ne change pas grand-chose. Une réponse restée en suspens le reste tant qu’elle n’a pas pu se terminer, que ce soit depuis six mois ou depuis vingt ans.