Ça monte en quelques secondes, le corps s’emballe, et la certitude que quelque chose de grave arrive est totale. Puis ça redescend.
Une crise d’angoisse n’est pas de l’inquiétude en plus fort : c’est un phénomène corporel massif, qui arrive souvent sans raison identifiable, dans un endroit banal. Elle fait partie de l’anxiété prise dans son ensemble.
Cette dernière ligne pèse souvent le plus : ce n’est plus la crise qui organise la vie, c’est la peur qu’elle revienne.
Une crise d’angoisse est une réponse de survie déclenchée à vide : le rythme cardiaque s’accélère, la respiration s’emballe, le champ attentionnel se rétrécit, sans menace à fuir. Les fourmillements et l’impression d’irréalité s’expliquent par l’hyperventilation : respirer trop vite fait baisser le taux de gaz carbonique dans le sang.
Une boucle s’installe : vous percevez les signaux, l’organisme les lit comme la confirmation d’un danger, et il en produit davantage. Cette réponse ne se maintient pas indéfiniment : elle monte, plafonne, puis redescend.
Entre deux crises, le corps produit souvent des sensations physiques persistantes. Le terrain se prépare quand l’anticipation tourne en continu, ou quand une vigilance permanente part déjà de plus haut.
On ne cherche pas à déclencher une crise pour vous y habituer. Le premier temps porte sur ce qui précède : une tension dans la nuque, un changement de respiration. Repérer ces signes donne un point d’action là où il n’y en avait aucun.
On travaille ensuite la boucle, avec des repères corporels simples, répétés en dehors des crises jusqu’à rester disponibles pendant une crise. Puis la peur de la crise elle-même, celle qui fait éviter des lieux et renoncer à des occasions.
On avance par petites quantités, et vous décidez du rythme. Comment se passe une première rencontre est détaillé à part.
Ralentir l’expiration plus que l’inspiration, poser les pieds au sol et sentir l’appui, laisser passer sans lutter. Rien de cela n’arrête la crise sur commande, mais cela évite de l’alimenter.
Ce n’est pas à moi de le dire, et c’est pourquoi une première crise doit être vue par un médecin : certains symptômes se ressemblent. Une fois cette vérification faite, la crise reste éprouvante, et c’est votre médecin qui peut vous dire ce qu’il en est pour vous.
Je ne vous promettrai pas le contraire. Ce qui se travaille, c’est le repérage des signes avant, la capacité à ne pas nourrir la boucle, et la peur qui organise la vie entre deux crises.
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