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Pourquoi raconter ne suffit pas toujours

Vous connaissez l’histoire par cœur et rien n’a bougé. C’est logique : ce n’est pas au récit que la trace s’est attachée.

Beaucoup de personnes arrivent en ayant déjà beaucoup parlé : elles savent expliquer, elles ont fait les liens, et le quotidien n’a pas changé pour autant. Cette page appartient à la vue d’ensemble de ces suites.

  • Votre corps se met en tension avant que vous ayez compris pourquoi.
  • Une posture revient toujours : épaules rentrées, menton baissé, comme pour occuper moins de place.
  • Vous retenez votre souffle sans le savoir, et on vous fait remarquer que vous soupirez beaucoup.
  • Une main posée sur votre épaule vous fait sursauter bien plus fort que la situation ne le demande.
  • Votre corps refuse un endroit alors que votre tête n’y voit aucune objection.
  • On vous dit de tourner la page. Votre corps n’a pas reçu l’information.

Il n’y a rien d’irrationnel là-dedans : ces réactions obéissent à une autre mémoire que celle qui raconte, et cette mémoire ne se met pas à jour en écoutant des arguments.

Ce qui se passe dans le corps

Nous avons plusieurs mémoires. Celle qui raconte est consciente et datée. Une autre est faite de gestes, de postures et de réflexes : la mémoire procédurale, celle qui permet de conduire ou de faire du vélo sans y penser. Elle ne contient pas une histoire, mais un état.

Lors d’un événement où le corps s’est défendu, a fui ou s’est figé, c’est cette seconde mémoire qui enregistre la configuration du moment. Comme elle ne date rien, elle ne sait pas que c’est passé : un fragment suffit (une odeur, une voix, une lumière) pour qu’elle remette tout en place. Le récit, lui, s’adresse à l’autre mémoire.

Quand la situation a duré des années, ces configurations finissent par passer pour un caractère. Maintenues, elles ressemblent à une garde qui ne se baisse plus. Et dans les premières semaines après le choc, elles sont souvent le premier signe que quelque chose ne s’est pas remis en place.

Ce que je propose

Puisque la trace est dans le corps, c’est là qu’on travaille. Vous n’aurez pas à raconter : le récit n’est pas la voie d’accès. On part de ce qui est observable maintenant : ce qui se tend quand on approche du sujet, la position de la nuque, le moment où le souffle se suspend.

On installe d’abord des points d’ancrage, puis on s’approche par très petites quantités, en revenant chaque fois au calme, pour laisser aller à leur terme des mouvements restés en suspens, souvent minuscules.

Le cadre d’une séance et sa réservation sont détaillés à part.

Prendre rendez-vous

SéanceIndividuelle · 1 h
Tarif60 €
Lieu24 rue de Verdun, Strasbourg
24 rue de Verdun, 67000 Strasbourg Itinéraire ↗

Questions fréquentes

J’ai déjà beaucoup parlé de ce qui m’est arrivé. Est-ce que ça n’a servi à rien ?

Au contraire. Mettre des mots remet de l’ordre et soulage souvent. Cela agit simplement sur une autre mémoire que celle qui tient les réactions corporelles, et les deux travaux ne s’opposent pas.

Est-ce que mon corps peut se souvenir de quelque chose dont je n’ai aucun souvenir ?

Des réactions peuvent se déclencher sans souvenir conscient associé. Je me garde en revanche d’en tirer la moindre conclusion sur ce qui s’est produit : reconstituer un passé à partir de sensations n’est ni fiable ni souhaitable, et ce n’est pas ce qu’on fait ici.

Est-ce que ça veut dire que je suis abîmé ?

Non. Une configuration maintenue n’est pas une lésion. C’est un apprentissage qui a eu sa raison d’être et qui n’a pas été mis à jour.